Le complexe du castor

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Le titre du film en lui-même semble pousser à se poser la question suivante : de quoi peut bien traiter un film au titre aussi étrange ?

Vous avez plusieurs pistes a priori évidentes, toutes relatives aux différents protagonistes de l’histoire :

  1. Un film avec Mel Gibson en tout premier plan (dès l’affiche découverte) : un gros film d’action en perspective
  2. Un film de Jodie Foster, l’enfant prodige d’Hollywood : un film posé et réfléchi
  3. Un film animalier mettant en scène le castor en nous dévoilant ses principales caractéristiques

Reprenons donc dans l’ordre :

  1. Si vous aller voir ce film pour les talents d’acteur de Mel Gibson, vous serez tout d’abord surpris (prêt à bondir de votre siège rouge), puis conquis au fur et à mesure de sa performance totale(ment) à contre-emploi d’ « anti-héros chronique » traînant tant bien que mal sa souffrance d’homme dépassé par sa propre vie.
  2. Si vous décidez d’aller voir ce film en tant que cinéphile averti, conscient du talent protéiforme de Jodie Foster actrice et réalisatrice, vous reconnaitrez  rapidement son thème de prédilection : les relations familiales, leur infinie complexité, le poids de l’hérédité et une volonté farouche malgré tout d’y résister pour mieux les préserver et…les perpétuer.
  3. Enfin, si vous aimez la faune animale en particulier et les castors en particulier, ces animaux dotés de remarquables capacités, bâtisseurs de l’extrême renommés, vous n’en démorderez pas : le castor est un être vivant complexe, étonnement déterminé – voire jusqu’au-boutiste – dans ses réalisations  de nouvelles fondations…pour un nouveau départ ?

L’équation étant ainsi posée : Mel Gibson acteur sur le déclin / sur le retour + Jodie Foster dans son élément thématique familial favori + le castor ou la découverte d’un animal particulièrement ingénieux mais retors au possible = vous obtenez un film d’une très grande maîtrise narrative. En effet, tant du point de vue de la réalisation que du jeu d’acteurs mais aussi du scénario, celui-ci osant traiter frontalement le thème difficile de la dépression mais d’une manière non abrupte au moyen du registre tragi-comique de la mise en scène.

Ce film intelligent, léger et profond à la fois mérite donc de s’y laisser prendre, en adhérant au subterfuge représenté par le personnage du castor pour mieux entrer dans  la réalité du personnage de Walter, interprété par Mel Gibson.

Le titre « Le complexe du castor » semble alors pouvoir prendre tout son sens : il s’avère que la lutte contre soi-même requiert plus de force que la lutte contre les autres. S’il fallait le définir, il s’agit donc bien d’un « film d’action »  au sens le plus noble du terme…CQFD.

 

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