Tags au Palais

By eutow

 

Alain-Dominique Gallizia 

Jusqu’au 26 avril se tient une expo au Grand Palais à Paris : « Tag au Grand Palais ». 

 

Des graffs pour 3 euros, le Grand Palais, cool, c’est parti.

 

Il y a du monde ce dimanche et à mon grand étonnement beaucoup d’enfants qui doivent être attirés par les couleurs vives et les formes originales de cet art.

 

L’endroit où sont exposées les toiles semble tout d’abord assez bien choisi, une longue pièce pas très large mais qui s’étire dans la profondeur, et nous voilà entourés de 300 toiles accrochées sur des murs de briques dans une sorte de hangar. Les couleurs explosent à l’infini et on a hâte de se rapprocher de ces œuvres pour pouvoir les découvrir.

 

Juste une chose : les 300 œuvres présentes ont été réalisées suite à une commande de M. Alain-Dominique Gallizia  qui s’est adressé à plusieurs artistes – mais seuls certains graffeurs ont accepté d’être exposés dans un musée – et leur a demandé de peindre sur une double toile horizontale de 60x 180 cm, la première sur un thème libre et l’autre portant sur l’amour.

 

Une fois devant ces toiles, on se laisse emporter par les différents styles représentés (Doze Green, Taki 183, Blade, Lady Pink, et plein d’autres) qui proviennent de différents pays (Japon, USA, France, Iran, Australie, etc.).

Les œuvres présentes constituent de véritables fresques assez éloignées des premiers tags qui recouvraient les rames du métro de NY dans les années 60-70.

 zenr

 

 L’expo se parcourt (très) rapidement.

 

doze-green

 

En 30 minutes, on en a pris plein les mirettes mais très rapidement, on aimerait en connaître plus sur les origines de ce mouvement artistique. Pour savoir tout cela, il faudrait débourser X euros pour le livre de l’expo (que tous les enfants veulent avec ses belles images) ou une revue d’art à la couverture triste à 8 euros.

 

Au final, seul trône un écriteau grisâtre qui résume en quelques lignes comment l’expo s’est montée.

 

Et puis c’est tout, on redescend les marches du palais avec une impression étrange, un sentiment d’inachevé, comme si on était passé à côté de quelque chose, qu’on ne nous avait pas tout montré ou expliqué, y’a comme un truc qui cloche…

 

Sans être expert en graff, on sait tous qu’il s’agit d’un art qui est né et qui s’est developpé dans la rue, un art hors la loi pratiqué par des jeunes qui jouaient jour et nuit au chat et à la souris avec la police.

 

En lisant le livre “can’t stop, won’t stop, une histoire de la génération hip-hop” de Jeff Chan, on apprend que le graffiti était au début un moyen de prendre possession de la ville, de tous ses supports (murs, rames de métro, poteaux électriques, ponts, Statue de la liberté), afin d’y apposer sa propre identité et de revendiquer un territoire, tant à l’égard de l’autorité que des autres graffeurs.

 

Si on part de cette base, on est un peu sceptique quand on découvre des graffs sur des toiles dans un musée. J’ai eu l’impression que l’art du graffiti avait été en partie dénaturé du seul fait d’être peint sur une toile sur commande  pour être exposé ensuite dans un musée…

 

Finalement, je me demande comment chacun a perçu ces toiles. Le graff sera considéré par certains comme du « New Art », et pour d’autres, ca les poussera à s’interroger sur les origines de ce mouvement hors la loi qui continue de s’exprimer dans la rue, brisant, quand il est bien exécuté, le morne paysage de certaines voies de trains.

 

eutow++

 

 

Mots-clefs : , , , ,

Laisser un commentaire