Numark the funky DJ !

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Ce week end s’annonçait chargé en sorties concerts pour notre plus grand plaisir. Tout d’abord, soirée « What the funk » à la Maroquinerie, une petite salle dans le 20e que j’affectionne particulièrement pour plusieurs raisons : son bar, sa terrasse en extérieur, son absence de « boboïte » aigüe et surtout sa petite salle en forme de demi-cercle qui permet d’écouter des artistes dans une atmosphère intime. Depuis quelques années, j’ai pu apprécier la qualité des prestations de DJ Krush et Cut Chemist notamment, et cette fois-ci, nous avons fait le déplacement pour s’éclater sur les mixs de qualité de DJ Numark,  DJ de « Jurassic 5 ».

Arrivée vers minuit, nous retrouvons Christian Panuche et Eddie « Merguez » Barclay, danseurs professionnels de mia. Sans laisser le moindre temps de réaction à l’adversaire, la fine équipe se lance corps et âme sur le dancefloor, se déhanche dans le plus pur esprit du hip hop façon années 80. Bref, on est là pour kiffer et Numark arrive – aucun round d’observation là non plus – un bon Sugar Hill Gang fédérateur lance la soirée, un esprit old school se propageant très rapidement, le public est chaud, la soirée va être excellente c’est une certitude.

Alors que Numark enchaîne les morceaux en piochant dans les standards soul, funk, rap (US mais aussi français : Shurik’n, NTM, Assassins), et même reggae, nous nous hissons jusqu’au premier rang afin d’admirer de très près les étranges objets qu’il a apportés. Une statue de 50 cm de hauteur qui représente un joueur de saxophone, un singe de la même hauteur avec des cymballes, une console style fisher price qui semble faire office de MPC et des platines ! vinyles ! bien sûr. Voici une vidéo que j’ai pu filmer au milieu du concert, je vous laisse apprécier ce moment de partage entre le public et Numark.

Pour en revenir à la musique, je tiens d’abord à préciser que Numark n’est pas n’importe quel DJ, loin de là, il s’agit d’un artiste qui aura marqué de son empreinte l’histoire du hip hop et plus particulièrement des DJs. Dans le même sens, je pense que si Jurassic 5 est devenu un aussi bon groupe de rap, il le doit, pour une part non négligeable, à ses deux DJs : Numark et Cut chemist qui ont, à eux deux, produit des instrus d’un autre monde. A ce titre, je vous conseille d’aller écouter tous les albums de Jurassic mais également ceux de Numark (Blend Crafters, et Hands On qui est une mixtape) et Cut Chemist (The Audience is listening notamment). Si vous voulez déjà vous faire une petite idée :

“Melody” issu de l’album “Blencrafters”:    

“Jurass finish first” tiré de l’album “Quality control” de Jurassic 5:

Je disais, tout à l’heure, que Numark avait mixé des titres bien connus du public (Snoop, Busta Rhymes, Eric B. & Rakim, Wu Tang, Nas, etc.) pour ce qui est du rap et idem pour la soul et le funk (Stevie Wonder, James Brown, etc.). Au cours de la soirée, en le regardant, lui et le public, attentivement, j’ai bien vu qu’il y avait un vraie adhésion des personnes présentes, tout le monde s’éclatait et Numark enchaînait les morceaux avec un réel plaisir. La formule était simple : des morceaux connus de tous bien mixés, rien de plus. Vous pourrez penser que ce n’est pas bien compliqué et qu’il n’y pas besoin de s’appeler Numark pour le faire et pourtant…

J’ai repensé au concert de Pfel et Atom de Beat Torrent à la Ferme du Buisson en juin dernier et à celui de 2 Many DJ’s à Rock en Seine en 2007. Sans vouloir comparer ce qui n’est pas tout à fait comparable, je tiens à dire que ces deux derniers collectifs m’ont ennuyé à mourir lors de leurs prestations respectives pourtant annoncées sur le papier comme sur-vitaminées. Si on peut de permettre de mixer du rap, du rock, du reggae, de l’électro dans un même set, il faut néanmoins avoir un certain sens du goût dans ses choix et surtout une certaine habileté pour que le tout forme un ensemble cohérent. À défaut, chaque morceau s’inscrit dans un grand n’importe quoi qui file la nausée et confine rapidement à l’ennui. Bref, tout le monde ne sait pas enchaîner avec la même dextérité et la même maturité les Beastie Boys, M.I.A et Bob Marley.

Je referme la parenthèse pour parler de la suite du show. Après deux heures où Numark nous a chauffés à bloc, il a conclu son set par un bel étalage de sa technique qui lui vaut le surnom – mérité – de « beatmaker ».

Vers 4h du matin, nous avons donc décidé de rentrer chez nous, épuisés mais le sourire aux lèvres, heureux d’avoir pu vivre ce moment.

Merci Numark.

 

+eutow+

 

 

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8 réponses à “Numark the funky DJ !”

  1. zo. dit :

    Yop,

    Cool ces petits live report. Ca permet d’avoir une opinion sur des trucs dont je n’aurais pas forcément d’échos !

    Quelques remarques entre amis : Panuche, je pense que je situe très bien qui c’est :) Par contre, le Eddy “Merguez” Barclay, j’ai un doute entre deux personnes. Pourriez-vous m’éclairer ? :)

    C’est aussi marrant de voir comme le mot bobo devient souvent un mot fourretout (que j’utilise encore également) désignant une mauvaise alchimie entre un lieu et une foule, un public et un artiste etc. Le bobo, c’est finalement un peu le nouveau snob. Ca m’évoque un vague souvenir : celui d’un papier d’un blogger titré : “bobo, la menace fantôme”. Je dois avouer qu’à part le titre, je ne me souviens pas très bien du papier.

    Sinon, la vidéo est cool aussi, on voit que là, le public est chaud, réactif, et opé. Ayant vu J5 sur scène il y a quelques temps (je crois que vous étiez d’ailleurs là), je ne suis pas surpris. Nu-Mark et C. Chemist m’avaient déjà impressionné dans leur autonomie et leur faculté de lier avec le public. Par contre, dire que Nu-Mark a marqué l’histoire du H.H, ça me semble plus relever du discours de fan que de l’objectivité. Mais finalement, qu’il marque l’histoire de tel ou tel mouvement, peu importe, puisqu’il a semble-t-il marqué l’histoire musicale des gens qui l’ont vu. Et c’est bien le principal !!! :)

    P.S : y a un petit soucis de parenthèse vers la fin de votre article.

  2. Eutow dit :

    Ouais, je reconnais que je me suis emballé sur l’histoire du H.H. Mais on peut dire que Numark a apporté sa contribution avec Cut chemist au mouvement turntablism qui constitue l’un des piliers du H.H.

  3. Christophe dit :

    Je n’y étais pas mais une chose est certaine : ce devait être bien plus sympa qu’un set d’Alan Braxe qui mixe avec ses doigts de pieds !

  4. Eddie "Merguez" Barclay dit :

    Yes!
    Je suis au boulot, donc pas moyen de voir les vidéos. Je kifferais bien voir les trips Monkey et Fisher Price, de grands moment de funkattitude!
    Soirée de folie, mais en dehors de la panoplie de purs classiques que Nu-Mark a lancé sur la piste tel un escadron de scuds, on pourra également citer Syl Johnson, Mobb Deep (ok, un autre classique) et autres Wendy Renee.
    Il ne faut d’ailleurs pas oublier Cécile a.k.a. La ouf qui est montée sur scène après avoir fait un back drop et un flip vrillé sur une combinaison de break dance dont elle seule a le secret… 4 real dawg!
    Ouai, le Maroquinerie en tous cas, bon spot, j’y avais aussi vu Quantic Soul Orchestra avec la pétillante Spanky Wilson. Mais là, Nu-Mark, il a placé la barre un peu haut au niveau du beat extasique qui rend la danse naturelle et nécessaire, ce qui n’est pas toujours le cas…

    Pour info, Eddie “Merguez” Barclay, qui soit-dit en passant est quand même le meilleur blaze qu’un jeune gaillard (conf. Roi Heenok) ait jamais porté (-> thanks Tom The Blond), c’est Renaud, voilà, comme ça c’est clair. Merguez sur le terrain et dans les bbq, Eddie B. dans le dress code et sur les tables de poker.

    P.S: Pilier du Hip-Hop: impossible à savoir, mais avant Jurassic 5, y a quand même pas mal de monde: GM Flash, Africa Bambataa, Grand Wizard Theodore, Grand Mixer DMX, Jazzy Jay… (regardez le documentaire Scratch si vous l’avez pas déjà vu)

  5. eutow dit :

    4 real dawg!! Mister George Eddie M” Barclay!

  6. DealerdeFunk dit :

    Hey !
    Il envoie du lourd cet article. Rigole pas. Très pro.
    Mais il oublie l’essentiel, mesdames, mesdemoiselles, messieurs : le sang (?), la sueur (beaucoup) et les larmes (d’enfant bien sûr, rapport aux Fisherprice) qui inondaient ce soir là une Maroquinerie dans ses petits souliers. Ca swinguait en veux-tu en voilà. Pas de pause clope, pas de pause Gin-Tonic, pas de pause tout court car pas le temps pour ça ! 3h de jerk non-stop sur les beats d’un Numark au top de son Hip-Hop.
    Mention spéciale à Eddy B.B. qui, seul, sa paille dans le nez, n’a pas hésité à ouvrir la voie, en véritable Moïse du Dancefloor, à ses amis accablés devant tant de style !
    Bravo et merci.
    DealerdeFunk a.k.a Pan’ouch

  7. Numark the funky DJ (2) « thinking.hurts dit :

    [...] the funky DJ (2) By eutow Dans mon article relatant l’excellente soirée “What the funk” à la Maroquinerie (Paris), où [...]

  8. Numark the funky DJ (2) « thinking.hurts dit :

    [...] mon article relatant l’excellente soirée « What the funk » à la Maroquinerie [...]

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