Vendredi dernier, fin de semaine sur les rotules et retour tardif après un aprèm’qui s’éternise au boulot, juste le temps de rentrer chez moi me changer et me voilà repartie sur la route…pour une soirée tant attendue : Keren Ann pour son dernier album éponyme et surtout Alain Bashung et son « Bleu pétrole » terriblement troublant but so beautiful ! A tel point que tout le week end (le temps maussade aidant), je n’ai cessé de fredonner en boucle dans ma tête les chansons dans les rues grises de Paris, ambiance décidément mélancolique à souhait.
Première partie prise en cours : Mélanie Pain, chanteuse de Nouvelle Vague, s’essaie en solo et c’est plutôt agréable même si le côté « nouvelle scène française » est parfois un peu trop présent à mon goût. En revanche, le duo voix avec le guitariste fonctionne à merveille et apporte une musicalité naturelle sans excès ni effets de style inutiles. Leur dernière chanson “Helsinki”, véritable ode au manque affectif qui revêt en même temps la forme d’une ballade intemporelle, m’a vraiment beaucoup plu : je me suis laissée transporter dans leur voyage transfontalier jusqu’à leur dernière parole.
Keren Ann que je n’avais pas revue depuis l’Olympia arrive sur scène. On sent très vite que la salle est surtout là pour écouter Bashung et Keren Ann en fait vite les frais…Pas vraiment d’ambiance, les gens restent assis, ne répondent pas présents. Pourtant, les chansons du dernier album interprétées de façon très rock ( “it ain’t no crime” vraiment à l’état brut ) ont de quoi remuer les corps et échauffer les esprits mais rien n’y fait. A part au sein du petit groupe resté debout devant la sono dont je fais partie et qui se laisse embarqué par son énergie, la salle ne réagit pas beaucoup. Pourtant, depuis ses premiers showcases et concerts parisiens, les choses ont changé : sa musique délivre désormais toute amplitude, la timidité excessive des débuts ayant laissé la place à l’assurance d’une artiste folk habitant réellement ses chansons pour mieux les faire partager.
Bashung arrive finalement sur scène après les deux artistes féminines qui partagent l’affiche de la soirée : décidément un irréductible homme à femmes, fort trait de personnalité si souvent exprimé dans ses textes !
Et là j’avoue que sa performance sur scène m’a, à mon tour, totalement séduite : une présence incroyable et une voix envoûtante. J’ai adoré découvrir pour la première fois en live les titres que j’avais écoutés et décortiqués en boucle dans ma chambre ado (Vertige de l’Amour, La Nuit Je Mens entre autres…) mais aussi les nouvelles chansons de son dernier album « Bleu pétrole » (Comme un lego, Je t’ai manqué, Je tuerai la pianiste). La maîtrise qu’il dégage sur scène, accompagné de ses musiciens parfaitement en accord avec son phrasé si particulier, est impressionnante. Je me suis vraiment sentie en phase, totalement transportée dans son univers, loin, très loin, j’en oubliais même où j’étais – corps présent mais tête déconnectée – j’avais seulement envie que cet interlude musical dure, dure infiniment. Deux rappels viennent conclure le concert avec notamment les classiques Gaby, Madame Rêve, Osez Joséphine.
En résumé : je suis prête pour le concert à l’Olympia en juin !
+ Yake +
Mots-clefs : Alain Bashung, Keren Ann, Mélanie Pain, Nouvelle Vague