Premier coup de gueule

Aujourd’hui c’est décidé je prends ma plume ou plutôt j’actionne mes petits doigts connectés à mon clavier pour pousser mon premier, et sûrement pas dernier, coup de gueule sur le blog.

J’ai appris ce matin que Chantal Sébire, cette femme atteinte d’une maladie orpheline incurable, est morte. Elle avait pourtant adopté une démarche citoyenne qui force le respect par le depôt d’une requête auprès de la Justice, consistant en une demande exceptionnelle d’euthanasie active. Sa demande a été rejetée pour cause de non-application à son cas de la loi Léonetti de 2005, celle-ci instaurant uniquement la possibilité de l’euthanasie passive, c’est-à-dire le droit de laisser mourir.  L’arrêt d’un traitement ou de l’alimentation est donc autorisé dans certains cas d’extrêmes souffrances et conduit à la mort “naturelle”… Mais est-ce une solution plus digne que celle d’un suicide assisté qui pourrait être instauré et encadré légalement et apprécié par les juges ?

Je ne suis pas pour la surmédiatisation des cas individuels où la question de l’euthanasie vient à se poser. Mais je pense qu’une réflexion globale, hors du climat émotionnel et médiatique du moment, s’impose dans notre société. Nos gouvernants et représentants restent trop timides sur cette question sensible, et donc d’autant plus nécessaire à aborder sereinement pour en éviter les abus.

Une évidence s’impose : la “politique-spectacle” s’accomode difficilement de ce type de problematique sociétale. Que penser en effet de ces réactions en chaîne pour mener à bien les affaires publiques : un fait divers/cas particulier, une déclaration/annonce politique en réponse et enfin une commission ou une législation mises sur pied à la va-vite pour régler (en apparence) le problème posé aux yeux de l’opinion.

Médiatisation - Communication politique - Action : un tryptique qui semble de plus en plus nous éloigner de la nécessité de la réflexion dans un contexte détaché de l’émotion et situé en amont de l’évènement immédiat. Les propositions et plans d’action élaborés prendraient alors une toute autre importance en se situant dans une perspective réelle d’avenir.

Une société sans capacité de recul sur elle-même est une société amenée à répéter les mêmes erreurs…

See you soon

+ Yake+

Tags :

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.